Quatre enfants vivent paisiblement avec leur mère dans un petit appartement à Tokyo. Ils sont tous de pères différents et ne sont pas scolarisés. Le propriétaire ignore même l'existence de trois d'entre eux. Un jour, leur mère disparaît en laissant un peu d'argent et un mot à l'attention de l'aîné pour qu'il s'occupe de ses frères et soeurs. Ainsi commence une nouvelle vie pour ces quatre enfants livrés à eux-mêmes...
Mon avis
Un récit tiré d'un fait réel incroyable. Bien que l'histoire soit en elle-même suffisante pour plonger pleinement dans ce drame, il faut souligner le travail de mise en scène qui réussit, avec un scénario très court, à tenir en haleine son spectateur tout le long. Le metteur ne tente jamais de s'expliquer sur ce qu'il montre, et les dialogues dans le film sont proches du zéro. Kore-Eda Hirokazu regarde le quotidien de cette famille s'effondrer lentement, imperceptiblement et tente de redonner cette même rythmique à son récit, sans doute pour toucher au plus près de la réalité cruelle du temps qui passe... les heures sont longues, très longues quand on souffre et quand on doute. Malgré que l'on comprenne rapidement où tout cela va finir, on ne se lasse pas une seconde de ce à quoi on assiste. Le metteur en scène ne dramatise jamais, n'en rajoute pas dans l'émotionnel, se bornant à montrer la simplicité du malheur. La façon à laquelle on assiste à l'effondrement des codes d'un microcosme familial, devrait intéresser plus d'un sociologue. Comment peut-on passer de la civilisation à la sauvagerie en un clin d'½il, sans que personne ne s'aperçoive de rien comme indiqué dans le titre du film « Nobody Knows » ? Il en résulte un regard cinématographique important sur la déshumanisation du monde.
Et puis, il faut souligner une sublime direction d'acteurs avec les enfants, ultra-réaliste, presque comme s'il les avait filmés en caméra cachée. On comprend bien pourquoi le jury de Cannes a décerné son Prix d'interprétation masculine au jeune Yagira Yuya, extraordinaire de vérité et de charisme. Impossible de ne pas être touché par ce film. Ceux qui aiment les histoires fortes seront comblés, les cinéphiles également.
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De Alexis, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:13
MAGNIFIQUE!!!!!!! ce film est sublime, comme tu le dis avec une histoire mince le réalisateur nous tient pendant 2h20 et on a meme pas envie que ca s'arrete. Pareil pour les enfants, c'est vrai qu'on a l'impression qu'ils sont filmés en caméra caché tellement ils ont l'air "vrais".
Je trouve scandaleux qu'on ai remis la palme d'or a michael moore alors qu'il y'avait également ce film en compétition et meme old boy ou encore clean. Avec une concurence telle, il aurait largement du s'incliner devant ces films tous plus remarquables les uns que les autres.
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De jayjay, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:20
ah je l'ai pas vu.
mais je sens que chris va s'exiler en Asie pour le cinéma vu le nombre croissant sur le blog.Espérons qu'on ne lui bouffe pas les chiens.(c'est un point de vue beauf primaire occidental ? oui et alors? tu veux que je te lise l'article d echristel sur la censure?)
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De Margaux, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:20
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah je veux le voir !!!!!!!!!
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De cinefan, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:25
Lui aussi je lai loupé... Je crois qu'il n'est pas passé par chez moi ou sinon ppas longtemps. C'est dommage il me donnait envie
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De Elminster, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:51
"Le quotidien d'une famille qui s'effondre lentement, imperceptiblement", dis-tu. Je ne trouve pas de meilleur résumé. Quelle finesse, ce film. Peu de mots, mais qu'est-ce que ça nous parle...
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De Chris, posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:56
Jayjay, mptdr ! Je ne savais pas que Chritel avait une aussi mauvaise influence sur toi !
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De films89.skyblog.com posté le Mercredi 22 juin 2005 à 23:58
Depuis le temps que je dis qu'il faut que je le vois !!!
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De bestactors, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 00:14
je voulai tro voir ce film et je nen ai jamai eu l'occas! dommage
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De maeva, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 09:21
C 1 chanson ossi le titre de ce film je él chanT a mon bahu lol
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De Kayna, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 10:09
Ohoh je l'ai vuu (mais dis-moi, je bat des records la nn? XD )
Je l'ai trouvé tout simplement ... allez un adjectif .... superbement émouvant (hum)... J'avais vu la bande annonce et je voulais le voir, chose que j'ai faite, et je regrette paaassss !!! Il est beau je trouve ...
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De Stef, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 11:04
Tu le fais exprès pour que je me mette à l'asiat hein?? avoue!! lol
Ben désolée, mais comme d'hab, pas vu... :-///
Mais si tu as l'intention de continuer ton trip, dis moi, que je m'y mette un peu pour avoir l'air moins ridicule! lol
Kissoux frérot!
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De Chris, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 11:37
Effectivement, le cinéma asiat a le vent fameusement en poupe d'après moi et propose ce qui se fait de mieux et de plus original pour l'instant, mis à part Lynch of course. Et comme te l'a dit "Grand Ours", il est plus que temps de t'y mettre.
Kiss soeurette
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De httpmerovingien02.skyblog.com, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 12:23
Quatre frères et soeurs sont abandonnés par leur mère et doivent vivre d'eux même en se cachant du monde pour ne pas être séparés par des services sociaux. Ce point de départ vous semble facile ? C'est pourtant bien tiré d'un fait divers, l'affaire des quatre enfants abandonnés de Nishi-Sugamo", qui avait marqué le Japon en 1988. Un sujet facile, certes, mais qui rend d'autant plus précieux l'épatant travail de mise en scène de Kore-Eda Hirokazu.
Chez lui, il n'est pas question de montrer un calvaire quotidien, pas plus que de surligner la solitude de ces enfants perdus de la société. Dans un premier acte, il développe la vie de famille de ses héros en culotte courte. Une mère dépassée par ses enfants résultat de nombreux échecs amoureux. Une mère forcée de mentir sur ses enfants à son entourage (voir le moment surprenant des valises). Une mère ne pouvant pas non plus se permettre de mettre ses enfants à l'école. Une mère qui doit travailler la journée et laisser ses enfants se débrouiller seul. Cette figure maternelle, seul point de référence adulte du film, le réalisateur la présente dans toute son ambiguïté. Véritable monstre moderne qui aime à la fois ses enfants mais qui n'hésite pas à les abandonner, affichant un air faussement joyeux pour n'être ensuite qu'un fantôme ne laissant que des traces s'effaçant peu à peu (l'argent et le courrier de plus en plus rare, la trace de vernis sur le sol). Cette absence de figure parentale, on la retrouve bien entendu chez les jeunes enfants qui ne rêvent que d'une chose : grandir, s'évader de cet appartement, véritable prison à 4 murs.
De la grande soeur qui veut se maquiller et étudier au grand frère qui tiens les comptes péniblement, ces deux là sont comme des adultes privés de jeunesse chargé de veiller sur les deux plus jeunes. Ici, le drame n'est pas lacrymale, il est plutôt mélancolique. Car Hirokazu met plutôt l'accent sur ce qui fait que leur vie est pleine de magie. Les deux plus grands marquent le pas dans la vie réelle sombre, les deux petits sont aussi le symbole d'une jeunesse qu'il faut préserver, continuer à faire rêver. Le film trouve ainsi son parfait équilibre entre l'aspect dramatique du récit et sa douce rêverie. Une sensibilité à fleur de peau, passant par de purs instants de grâces et de magie. Ainsi, on sera aussi bien marqué par les couinements de chaussures que par les instants où l'appartement, métamorphosé en lieu sauvage, devient un jardin secret au sens littéral, que les enfants entretiennent. Des petits Robinson en milieu urbain, condamné à passer les fêtes seuls, à s'ennuyer et à mourir à petit feu (voir le passage émouvant où la grande soeur renonce à son argent de poche pour assurer la survie du groupe, quand bien même c'est le grand frère qui a fait croire à un cadeau de leur mère).
Les contraintes du passage de l'enfance à l'adolescence sont particulièrement marquées par la figure d'Akira, le jeune garçon. Si son interprète, Yagira Yuuya a reçu la Palme d'Or, c'est bien par sa faculté à véhiculer un drame intérieur, tout en non-dit, en malaise et en apparente décontraction.
La répétitivité donne au film un rythme entêtant, tout en lenteur, en apesanteur presque. On repasse sans cesse au petit magasin, on revient régulièrement au balcon et à l'intimité de l'appartement, mais aussi aux rues fourmillant de monde dans lesquelles ces enfants passent totalement inaperçus, sans oublier la petite musique revenant sans cesse... Un sentiment diffus conforme à l'état d'innocence des gamins. Le temps qui passe évite la chronologie « début en été pour finir dans le glauque de l'hiver » pour, au contraire, finir en été. Ce qui permet d'inverser les valeurs dramatiques, le plus horrible évènement du film (la mort finale) se déroule dans un cadre propice aux jeux de l'enfance, offrant ainsi au film une sortie en forme de poésie morbide. Mais en premier lieu, les enfants vivent leur « indépendance » comme un jeu. Regarder La télévision, jouer aux jeux vidéo, se cacher du monde... Petit à petit, la dégradation contamine l'environnement. Entassement de poubelle, vêtement de plus en plus souiller, plus d'eau pus plus d'électricité... Il est important de noter que pour mieux retranscrire ce sentiment de changement lent, le réalisateur a étalé le tournage du film sur un an.
Cette enfance brisé, Hirakazu ne la surligne jamais, loin du tire-larme qu'on aurait pu craindre. Il suffira d'un plan sur des pieds ne bougeant pas pour faire comprendre qu'un des personnages est mort. Il suffira d'un long silence pour mettre en avant le mal être de ces enfants. Quelques notes de piano pour montrer que ces enfants avaient aussi des rêves. Bouleversant et pudique, saisissant au plus près les petits riens de cette chronique enfantines sans jamais faire du voyeurisme.
Peut-on pour autant parler de réussite total ? On aurait aimé mais il y a malheureusement des points qui parasitent finalement le film. A commencer par un rythme lancinant qui ne tiens pas la longueur. Le film est lent, mais il est surtout trop long. 2h20 qui auraient pu être raccourcis de deux heures et qui ont tendance à ennuyer sur la durée (surtout que la répétition excessive guette). Mais il y a aussi ces nombreux moments où le film ne creuse pas, ne développe pas ses idées. A commencer par l'étudiante japonaise dont on peine bien à comprendre les motivations et à saisir le lien qui l'unis aux enfants. Mais aussi le passage où la propriétaire des lieux découvre l'appartement délabré mais ne revient pas par la suite, offrant finalement une scène de suspens vide. On pourra également s'interroger sur les voisins qui n'ont pas l'air gêné par l'odeur de l'appartement voisin (pourtant empli de poubelles) ni par les va et viens incessant (l'étudiante, les jeunes venant pour jouer aux jeux vidéo) alors que la première partie du film les présentait bien comme un élément dangereux. Enfin ? on pourra regretter la longue scène où Akira joue au base-ball, séquence qui laissait pourtant suggérer un éventuel espoir pour lui (même s'il est vrai qu'on peut voir ce passage comme une manière d'accentuer l'idée qu'il a du renoncer à ses rêves et qu'il y trouve un bref apaisement).
Le film de Kore-Eda Hirokazu se pose donc comme une chronique touchante, sensible mais trop longue. La durée excessive se justifie d'autant moins que le final montre bien que la vie de ces enfants va suivre son cours vers toujours plus de misère. Un final amer pour un film beau mais long.
NOTE : 4/6
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De ynausicaa, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 12:43
c ma soeur qui m'en a parlé, elle est ressortie de ce film boulversée. Moi comme d'habitude pas vu mais je compte me ratrapper, de plus il doit etre à la location. Je crois que les mouchoirs sont indispensables, non?
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De Chris, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 12:52
A ynausicaa : Histoire très dure, effectivement. Mais pas de surenchère dans l'émotionnel.
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De Michael, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 13:24
Magnifique, splendide, une oeuvre intimiste profondément belle, du grand art, bref du CINEMA ASIATIQUE ...
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De the Accid Queen, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 13:57
Pour faire suite au comm de l'article d'avant, on trouve (sans "re-") même des films qu'on ne connait paaaaaas ! :-)))))
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De Anaiis, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 17:30
ça a vrmt l'air trop trop bien!
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De linoa41, posté le Jeudi 23 juin 2005 à 18:43
ooohh ! "MAGNIFIQUE" c'est le seul mot qui me vient là !
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De MiaWallaCe1605.skyblog, posté le Vendredi 24 juin 2005 à 15:05
Je creV d'envie de le voir ms malheureusement il n'est pas passé ds ma ville :(((
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De Tim, posté le Dimanche 26 juin 2005 à 02:40
J'ai vaguement entendu parlé de ce film...
D'après le peu que j'ai entendu, ça ne laisse pas indifférent...
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