Following, le suiveur (Following) (1998)

Following, le suiveur (Following) (1998)
Réalisé par Christopher Nolan

Avec Jeremy Theobald, Alex Haw, Lucy Russel, John Nolan, Dick Bradsell

Synopsis

Un romancier en herbe est poursuivi par une obsession. Il file des inconnus jusqu'au jour ou l'un deux, cambrioleur professionnel, l'entraîne dans ses combines.

Avis

Ce premier film de Christopher Nolan, tourné en noir et blanc, nous dévoile une personnalité et un style qui exploseront dans son second film. Un véritable prélude à « Memento ». Déjà, Nolan a le goût pour une narration déstructuré, le jeu de piste, le montage astucieux, l’exercice de style. Déjà, il s’amuse à déstabiliser son spectateur en lui offrant les indices goutte à goutte. Nolan donne soif mais ne permet pas l’inattention sous peine de terminer « game over ». Il aborde le thème du voyeurisme avec originalité et démontre également son attachement aux jeux pervers en malmenant ses personnages. Ici, c’est l’ennui et la solitude qui seront visés impitoyablement. « Following », l’histoire d’un suiveur suivi ou les aventures d’un pigeon. Nolan prouve également qu’il est encore possible de faire un bon film avec des bouts de ficelle. Attention, un metteur en scène est né !

# Posté le samedi 04 septembre 2004 14:25

In the Mood for Love (2000)

In the Mood for Love (2000)
Réalisé par Wong Kar-Wai

Avec Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung, Rebecca Pan, Lai Chen, Siu Ping-Lam

Synopsis

Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commence, Chow Mo-wan et Chan Li-zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque mais les rapproche. Ils se voient de plus en plus souvent mais le voisinage commence a s`en apercevoir. Il semble n`y avoir aucune possibilité pour eux de vivre une relation amoureuse. Mais la retenue, les réserves émotionnelles de Mme Chan hantent M. Chow, qui sent ses sentiments changer.

Avis

Avec ce film, le cinéma asiatique indique qu'il faudra compter dorénavant avec lui. Cela faisait déjà une bonne décennie que ce cinéma montrait courageusement et talentueusement le bout de son nez, mais là, Wong Kar-Wai ouvre le nouveau siècle par un coup magistral. Il réalise une oeuvre qui ouvre l'espoir de la fin de l'hégémonie américaine par un film qui peut entrer facilement dans n'importe quel foyer occidental. Non pas un péril jaune mais plutôt un espoir jaune.

« In the Mood for love » allie l'esthétisme et le fond avec une fluidité déconcertante. Wong Kar-Wai dit vouloir être comme Hitchcok, " un cinéaste de la maîtrise ". Il l'est sans conteste par une mise en scène plus que soignée et d'un contrôle absolu. Chaque plan offre une merveille pour l'oeil, une musique enivrante pour l'oreille, un cadeau pour l'esprit. Un film d'amour, tout simplement, mais derrière lequel se cache une très riche complexité. Un film qui arrête le temps et le met en perspective. Maggie Cheung et Tony Leung, beaux comme des Dieux, forment un couple qui restera dans les mémoires à jamais.

# Posté le samedi 04 septembre 2004 12:29

Modifié le samedi 25 juin 2005 08:50

Copland (Cop Land) (1997)

Copland (Cop Land) (1997)
Réalisé par James Mangold

Avec Sylvester Stallone, Robert De Niro, Harvey Keitel, Ray Liotta, Peter Berg, Janeane Garofalo, Robert Patrick, Annabella Sciorra, Cathy Moriarty

Synopsis

A Garrison, cité-dortoir pour les flics de New York, le shérif Heflin est un dépressif obèse que personne ne respecte. La loi du silence de la profession lui impose un jour de masquer une bavure mortelle, mais l'insistance de l'incorruptible enquêteur Tilden va l'obliger à faire un choix...

Avis

Un film réalisé avec un cœur gros comme ça par un amoureux du cinéma. Un cinéphile, sans doute, qui ne cache pas son penchant pour Scorsese. La preuve : le casting. De Niro, Keitel, Liotta, Moriarty incarnent tous des figures marquantes du cinéma Scorsesien. A cette sauce, il rajoute un ingrédient personnel : Stallone. Mais un Stallone qui renoue avec l’acteur qu’il était avant de devenir le symbole de l’Amérique. Celui de Rocky, qui jouait avec ses tripes au temps où il puait encore la rue. Mangold lui demande de s’engraisser pour le rôle puis lui donne un personnage de sourd. Sa composition est impressionnante de retenue, de simplicité et de vérité. Son jeu méritait l’Oscar. Comment aurait-on pu imaginer un seul instant qu’il puisse exister face à De Niro ! Et pourtant… Mangold travaille son polar comme il dirige Stallone, toute en retenue, amoureusement, s’attachant plus à la psychologie qu’à l’action. « Copland », où quand le cinéma devient un classique d’émotion et de vérité.

# Posté le samedi 04 septembre 2004 04:17

Modifié le samedi 04 septembre 2004 07:08

Prête à tout (To Die For) (1995)

Prête à tout (To Die For) (1995)
Réalisé par Gus Van Sant

Avec Nicole Kidman, Matt Dillon, Casey Affleck, Joaquin Phoenix, Illeana Douglas

Synopsis

Suzanne Stone est une provinciale. Son rêve est de devenir une personnalité de la télévision - un rêve qui devient cauchemar quand l'ambition tourne à l'obsession. Désillusionnée par son mariage avec Larry, elle se consacre entièrement à sa carrière et parvient à se faire une place dans une station de télévision locale. Elle décide de produire un documentaire sur les jeunes et obtient l'aide de trois adolescents qui semblent nourrir peu d'espoir en l'avenir. Ensemble, ils forment une bande puissante et dangereuse qui menace de faire éclater à jamais le vernis de leur vie de banlieue, apparemment idyllique.

Avis

Si vous aimez Nicole Kidman, ici, vous l’adorerez. Cette comédie noire et satirique où
Gus Van Sant se moque de l’univers télévisuel vaut surtout pour l’interprétation magistrale de Nicole Kidman. Excentrique, artificielle, vénale, arriviste, elle traverse le film tel un ouragan et du même coup, éclate au cinéma en emportant un Golden Globe au passage. Son jeu explosif et subtil à la fois permet à ce film pas assez méchant de décoller et de lui donner un ton délirant. Un film que pour elle. Un film pour ses fans.

# Posté le vendredi 03 septembre 2004 10:13

Modifié le vendredi 03 septembre 2004 12:20

Délivrance (Deliverance) (1972)

Délivrance (Deliverance) (1972)
Réalisé par John Boorman

Avec Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty, Ronny Cox, Ed Ramey

Synopsis

Quatre Américains de classe moyenne, Ed Gentry, Lewis Medlock, Bobby Trippe et Drew Ballinger décident de consacrer leur week-end à la descente en canöe d'une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie. Ils envisagent cette expédition comme un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage. Mais les dangers qu'ils affronteront ne proviendront pas uniquement des flots tumultueux de la rivière...

Avis

« Délivrance » représente la hantise d’une possible disparition des fondations de la civilisation si l’homme ne se réconcilie pas avec la Nature. Boorman filme cette lutte désespérée et vaine entre nature et civilisation. Les quatre personnages centraux du film, ceux-là même qui descendent la rivière, incarnent les différents points de vues et sensations que l’homme ressent vis-à-vis de la nature. Chacun d’eux va se confronter, se heurter violement à ses croyances en parcourant la rivière et en retombant à l’état sauvage. Dans cette traversée de l’enfer, tous ceux qui avaient un avis, quel qu'il soit, vont devoir noyer leurs certitudes sauf peut-être celui qui en avait pas (Jon Voight). C’est celui-là même qui représentera l’unique chance de survie puisque le héros, le lâche et l’intellectuel sont hors course. Plus encore que dans cette confrontation avec la nature, c’est la décadence de la civilisation qui va couler l’homme et qui va littéralement le violer et l’humilier. Un cauchemar de Boorman qui aurait pu rafler les Oscars mais qui tomba malencontreusement sur le magnifique « Parrain » de Coppola.

John Borrman : « Le voyage de ces citadins est aussi un voyage dans le temps, dans le passé de l’Amérique, à la recherche de sa beauté, de sa puissance, de ses ressources, de sa richesse. Et lorsqu’ils arrivent dans le village, ils entrent en contact avec des gens qui vivent selon les anciennes valeurs de la Frontière, dans une société autonome où ils construisent leurs propres maisons, cultivent la terre et se défendent contre les étrangers, mais qui sont en même temps dégénérés. D’une certaine façon, ces quatre hommes regardent leur propre passé à travers un miroir déformant. »

# Posté le jeudi 02 septembre 2004 11:44

Modifié le samedi 04 septembre 2004 02:46