Les Proies (The Beguiled) (1970)

Les Proies (The Beguiled) (1970)
Réalisé par Don Siegel

Avec Clint Eastwood, Geraldine Page, Elizabeth Hartman, Jo Ann Harris, Pamelyn Ferdyn

Synopsis

John McBurney est grièvement blessé à la jambe pendant les derniers jours de la guerre de Sécession. Amy, une sudiste de dix ans, le découvre gisant dans la forêt et parvient à le traîner jusqu'au pensionnat où elle est élevée. Toutes les élèves sont partagées entre leur peur du yankee et leur désir d'homme depuis le début de la guerre. Comprenant la situation, John s'exerce à séduire tantôt l'une, tantôt l'autre, mais, contraint par la menace, il cède à la plus entreprenante et se fait surprendre...

Avis

Jetons un coq blessé dans un poulailler en feu et voyons ce qui en ressortira. Le film transgresse de toute part la morale par un scénario qui ne viendra jamais au secours de ses personnages ni de ses spectateurs. L’audace du film se situe dans la confrontation extrêmement violente entre les deux sexes. L’homme est montré telle une girouette lâche et égoïste tandis que la femme s’exhibe telle une sirène tentatrice ensorcelante, véritable prédatrice, tout juste capable de copulation mécanique. L’homme, chasseur désemparé, n’est devenu qu’une proie pour la femelle sans âme. Hommes et femmes, transformés en bêtes inhumaines et dangereuses les unes pour les autres au sein d’une société aride et stérile qui ne leur offre que la guerre comme paysage. Un film noir de noir, pessimiste, qui permet plusieurs lectures. Un film aussi sombre que libre. Une aubaine dans la carrière d’acteur de Clint Eastwood.

# Posté le mardi 31 août 2004 11:21

Modifié le mardi 31 août 2004 11:43

L'Incorrigible (1975)

L'Incorrigible (1975)
Réalisé par Philippe de Broca

Avec Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Capucine, Julien Guiomar, Daniel Ceccaldi, Charles Gérard

Synopsis

Victor Vauthier (Jean-Paul Belmondo) sort de prison. Sitôt hors des murs, les affaires reprennent de plus belle. Il loue pour la énième fois à des Américains un hôtel particulier de l'Avenue Foch qui appartient à Hélène (Capucine), reprend contact avec des ministres Africains désireux d'acheter des armes... La routine habituelle. Un matin, il reçoit la visite de Marie Charlotte Pontalec (Geneviève Bujold), chargée par le juge d'application des peines d'étudier son cas . Il l'entraîne dans une course folle...

Avis

Derrière cette comédie, qui à première vue semble sans intérêt, se cache en réalité une pure merveille du cinéma français. Un petit bijou orchestré de main de maître par des dialogues somptueux de Michel Audiard. Un film qu’il faut d’abord écouter. Une comédie qui fait rire autant qu’elle émeut autour d’une histoire d’amitié très réussie. On sent que toute l’équipe a pris son pied lors du tournage. Belmondo, qui change de personnages toutes les dix secondes, réussit une performance d’acteur impressionnante. Tous les acteurs de ce film sont à leur place. Mais Julien Guiomar, véritable incarnation de l’ennui, de la nostalgie et de l’immobilisme, explose de talent ! Philippe De Broca, derrière la caméra, mène tambour battant tout ce petit monde. Un film qui ferait mourir de rire une cohorte de dépressifs !

# Posté le mardi 31 août 2004 07:52

Modifié le vendredi 17 décembre 2004 01:35

Fargo (1995)

Fargo (1995)
Réalisé par Joel Coen

Avec William H. Macy, Frances McDormand, Steve Buscemi, Peter Stormare, Harve Presnell

Synopsis

En plein hiver, Jerry Lundegaard, un vendeur de voitures d'occasion à Minneapolis, a besoin d'un prêt de Wade Gustafson, son riche beau-père. Endetté jusqu'au cou, il fait appel à Carl Showalter et Gaear Grimsrud, deux malfrats, pour qu'ils enlèvent son épouse Jean. Il pourra ainsi partager avec les ravisseurs la rançon que Wade paiera pour la libération de sa fille. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu.

Avis

Lorsque le fait divers devient chef d’œuvre, lorsque le metteur en scène recherche dans le quotidien de quoi couvrir d’or une œuvre d’art. Les frères Coen ont choisi la vie plutôt que certaines conventions d’un cinéma de genre. C’est cette confrontation du banal et de l’horreur qui donne à Fargo sa particularité extraordinaire. Comme David Lynch, les frères Coen travaille sur un cinéma du contraste. Ici, l’hiver couvre les lieux d’un immense tapis de neige blanche, immaculée et pure, bientôt recouverte du sang de l’effroi. Et cette femme enceinte, prête à donner la vie, qui va emprunter les chemins de la mort. Les frères Coen réussissent également à injecter dans ce matériau un ton de comédie qu’ils jugent omniprésents dans la vie de tous les jours. Les acteurs sont extrêmement justes mais Frances McDormand est époustouflante de simplicité et de crédibilité. Impossible de lui prendre l’Oscar cette année-là !

# Posté le lundi 30 août 2004 16:09

Modifié le vendredi 17 décembre 2004 01:34

L'Emprise (The Entity) (1981)

L'Emprise (The Entity) (1981)
Réalisé par Sidney J. Furie

Avec Barbara Hershey, Ron Silver, David Labiosa, George Coe, Margaret Blye

Synopsis

Carla Moran est un soir brutalement agressée et violée par une entité mystérieuse dans un pavillon proche de Los Angeles. La nuit suivante, de mystérieux phénomènes d'une rare violence provoquent sa fuite. Des parapsychologues lui confirment bientôt qu'elle est la proie d'une force maléfique...

Avis

Un Monument du thriller fantastique qui surpasse tout ce qui s’est fait dans le genre ! Ne fût-ce que par sa crédibilité, ce film surpasse « l’exorciste » de Friedkin. Il faut remonter en 1953 avec « La maison du diable » de Robert Wise pour retrouver une telle authenticité sur le monde paranormal. On le sent tout de suite, Sidney J. Furie a de l’ambition pour son bébé et ne craint pas de se frotter à ses illustres prédécesseurs. Effets spéciaux et bande son d’une rare violence travaillent au service d’une mise en scène très personnelle et efficace. Le film n’est jamais tape à l’œil ou voyeuriste, aidé en cela par un scénario en béton qui humanise l’ensemble du propos. L’incompréhension de l’entourage par rapport à une personne touchée de plein fouet par un phénomène surnaturelle n’a jamais été aussi bien traitée que dans ce film. L’isolement du personnage central est aussi frustrant que bouleversant, interprété brillamment par la talentueuse Barbara Hershey. Un voyage vécu au bout de la peur et du plaisir. Si vous ne l’avez pas vu, vous n’avez rien vu !

# Posté le lundi 30 août 2004 09:32

Modifié le mardi 14 décembre 2004 18:08

Presque célèbre (Almost Famous) (2000)

Presque célèbre (Almost Famous) (2000)
Réalisé par Cameron Crowe

Avec Patrick Fugit, Billy Crudup, Frances McDormand, Kate Hudson, Jason Lee, Philip Seymour Hoffman

Synopsis

Dans les années 70, William Miller, un adolescent de quinze ans, ne vit que pour la musique rock. Ce qu'il souhaite le plus au monde, c'est écrire des articles sur cette musique qu'il aime tant.
Il envoie un essai au magazine Rolling Stone dans l'espoir de devenir journaliste. Son talent n'est pas passé inaperçu : on est prêt à l'envoyer suivre le groupe Stillwater en tournée afin qu'il fasse un reportage sur eux.
Le rêve devient réalité ; malgré les objections d'Elaine, sa mère, William s'engage dans cette folle aventure.
Il n'est toutefois pas facile de gagner la confiance des musiciens, surtout lorsqu'on est journaliste. William prouve rapidement aux membres de Stillwater qu'il est avant tout un admirateur inconditionnel de leur musique. Au cours de leur tournée, il abandonne peu à peu la passivité de son rôle d'observateur pour participer à la vie du groupe.

Avis

Un film que le Maître Francis Ford Coppola n’aurait certainement pas renié car « Almost Famous » a pour thème central l’homme et son rêve. Un rêve éveillé où la candeur, l’innocence et les espoirs de l’enfance vont cheminer sur la route de la réalité. Une réalité qui reste toute de même enchantée ou presque. Cameron Crowe, qui traversa cette époque de transition (les seventies), réalise ici un travail autobiographique honnête car il n’oublie pas de salir son personnage. Frances McDormand, sublime en mère poule autoritaire « No drugs » et Philip Seymour Hoffman, non moins génial en critique éclairé. Un film entre le passé et le présent, presque un documentaire. Un film qui ne donne pas de réponse ou presque. Un film parfait ou presque.

# Posté le dimanche 29 août 2004 04:09