Avec Harvey Keitel, Michael Madsen, Tim Roth, Steve Buscemi, Chris Penn
Synopsis
Après un hold-up manqué, des cambrioleurs de haut vol font leurs comptes dans une confrontation violente, pour découvrir lequel d'entre eux les a trahis.
Avis
Ce premier film recèle tout ce qui fera le succès de Tarantino, le coup de patte d’un amoureux fou du cinéma qui tient à marquer de son emprunte l’histoire du septième art en signant de la pellicule qui résisterait à l’épreuve du temps. Plus que n’importe qui, il est en phase avec sa génération en réalisant du cinéma culte, c’est-à-dire des films que l’on peut voir 2500 fois d’affilée sans jamais se lasser. De ce point de vue, Tarantino est vraisemblablement l’empereur incontesté de son époque. Tarantino, c’est un visuel à la John Woo, des acteurs à la Scorsese et des dialogues à la Woody Allen. Bref, un mélange explosif ! Et « Reservoir dogs » en est la parfaite première esquisse où le metteur en scène a tout de suite pu maîtriser son style particulier et innovateur en recopiant et en mixant le meilleur de ce que le cinéma avait fait avant lui. Tarantino se sert du flash back pour multiplier les points de vue comme pour jouer avec son spectateur. De cette manière, en fonction de l’action, le spectateur sera soit en avance par rapport aux personnages (Par exemple ici, il connaît l’identité de la taupe), soit en retard donc pris à contre-pied. Il utilisera cette méthode dans tous ces films. Tarantino, c’est également un son. Ici, le super son des années 70 de la radio K-Billy qui donne le tempo et qui aide le réalisateur à soutenir l’insoutenable. Pour notre plus grand bonheur, Tarantino déteste la cruauté du réalisme et utilise tout ce qu’il peut (flash back, bande son, dialogues déjantés, travelling) pour s’en détacher. Mais la cerise sur gâteau chez Tarantino, c’est ses dialogues. Ici, les gansgters extrêmement dangereux papotent sans arrêt comme des gonzesses et philosophent sur tout et n’importe quoi. « Reservoir dogs » démarre d’ailleurs sur ces tontons flingueurs en train de discuter interminablement sur « Like a virgin » de Madonna. « Reservoir dogs » c’est : « - Tu as tué des gens ? - Non que des flics ! »